Page 21 - Gardiens des Cités Perdues

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Quand leurs doigts s’entrelacèrent, elle pria pour que ses
paumes ne soient pas trop moites. Sa respiration s’accéléra, et
partout où leur peau était en contact, elle sentit des fourmillements.
Il scruta encore une fois le parking.
Pas un chat, parfait ! À trois, on y va. Prête ?
Qu’est-ce qui se passe à trois ?
À son regard sévère, elle répondit par une grimace. Mais elle
serra les dents et se concentra sur la main de Fitz, ignorant son
cœur qui battait la chamade. Franchement… depuis quand se
comportait-elle comme une fille sans cervelle ?
Un ! compta-t-il, baguette brandie bien haut.
La lumière du soleil frappa une facette du cristal et un éclair
lumineux fut renvoyé vers le sol.
Deux !
Elle ferma les yeux, et il serra plus fort sa main.
Trois !
Fitz attira Sophie à lui. Le fourmillement et la chaleur qui
parcouraient les doigts de l’adolescente se répandirent dans tout
son corps. Elle avait l’impression qu’une multitude de plumes se
déployaient sous sa peau pour venir la chatouiller de l’intérieur.
Elle étouffa un gloussement, se concentra comme promis sur
Fitz. Mais… où était-il passé ? Elle avait bien conscience d’être
agrippée au jeune homme… Pourtant, il lui semblait aussi
que son corps prenait la consistance de la marmelade : seule la
chaleur lovée autour d’elle l’empêchait de fondre et de disparaître
complètement. Puis, en un clin d’œil, la sensation se dissipa et
Sophie ouvrit les yeux.
Le spectacle qui l’attendait la laissa bouche bée. Elle soup­
çonnait même de n’avoir pu retenir un couinement de surprise.
Elle se tenait au bord d’une rivière aux eaux limpides, bordée
d’arbres immenses qui déployaient leurs larges feuilles vert
sombre parmi des nuages blancs cotonneux. Sur l’autre rive,